Salut, je m’appelle Nina et j’ai six ans.
J’ai dit six ans mais attention, je te préviens : …. Dans quelques jours, je soufflerai mes sept bougies… dans quelques jours je serai une grande fille.

Ma maman et mon papa m’appellent « mon Ange », « Princesse » ou encore « mon Cœur »
Mais moi je sais très bien que je suis une Licorne volante. Je suis ces animaux remplis d’amour et de joie. Je n’ai que de l’amour en moi parce que maman, papa, ma sœur et mon frère m’en donnent beaucoup alors j’en rends beaucoup aussi, avec mes rires, mes sourires, mes yeux coquins et mes petites bêtises. J’ai aussi tout plein, plein de licornes dans ma chambre, mais c’est des fausses celles-là.

Je les dessine aussi très bien maintenant que je suis une grande fille.
Et tu sais quoi : je me déguise aussi souvent en Licorne. Ça fait parfois rire les grands qui cherchent bêtement à me faire croire que les licornes n’existent pas, mais moi je sais qu’ils se trompent car ma maman aime les chevaux et mon papa aime un peu tout ce qui vole.

Donc tu vois, je suis bien une licorne volante, mais ne le dis à personne, c’est notre
secret ! Quand je serai une toute toute grande, j’habiterai dans une grande maison avec plein de licornes partout et plein de fleurs dans le jardin qui fleuriront toute l’année.

En attendant, je me couche tous les soirs dans mon pyjama de licorne quand je suis chez ma maman et je m’endors pour mes rêves de licorne. Chez mon papa c’est différent, je dors avec un gros ours.

Ah oui je ne te l’ai pas dit, j’ai deux maisons car ma maman et mon papa n’habitent pas ensemble. Je ne sais pas pourquoi c’est comme ça, c’est ennuyeux parfois.
Je sais bien qu’ils s’aiment ces deux-là, mais parfois ils se disputent pour des bêtises et ça me rend triste. Mais je suis sûre qu’un jour ils se réconcilieront et seront de nouveau ensemble dans une grande maison.

Comme j’ai été très sage cette année, pour les vacances d’été, nous allons faire de la roulotte avec maman, je ne sais pas si papa nous rejoindra, je sais qu’il aime bien me faire des surprises mais maman n’aime pas trop ça. On verra bien.
En attendant, nous allons vivre quelques jours dans une petite maison tirée par un cheval très gentil et qui s’appelle Taiga.

Je suis super contente de ces vacances, je ne sais pas trop où on est mais il y a des fleurs partout dans les champs et il fait beau. Notre guide qui est super gentille, nous explique comment la roulotte fonctionne et nous l’écoutons avant de pouvoir prendre les rênes et nous envoler pour l’aventure.

C’est beau, il y a des fleurs vraiment partout et je descends de la roulotte pour en ramasser et décorer notre maison. Il en faut beaucoup, alors je cours dans les champs et j’en ramasse plein pour faire plaisir à maman qui est ma fleur à moi.

La roulotte ne va pas vite, alors j’ai le temps de la rattraper et remonter dessus comme nous l’a appris le guide. C’est amusant, on peut aussi jouer à cache-cache et se courir après avec mon frère et ma sœur, ou jouer à chat perché. Parfois, dans les montées il faut descendre de la roulotte pour aider le cheval à pousser l’attelage et parfois, dans les descentes il faut aider le cheval à la retenir pour pas qu’elle aille trop vite.

Heureusement, ce sont de petites pentes et pas les grandes descentes comme il y en a chez nous car apparemment il y a un problème, nous dit le guide. Cette première journée est magique et tout le monde est content. Même Taiga semble contente. Comme elle est belle et forte avec notre petite maison qu’elle tire de toutes ses forces.

Demain je lui ferai un beau bouquet de fleurs des champs que j’accrocherai à son licol, elle sera encore plus belle. La journée se termine, je commence à avoir faim, on va surement faire un gros barbecue ce soir et manger tous ensemble autour d’un feu à contempler les étoiles.

— Quand est ce qu’on arrive ? demande mon frère à ce même moment.
— Nous y sommes presque ! répond le guide.

Je cours après un papillon qui souhaite nous accompagner. Il virevolte entre quelques
coquelicots et se pose pour m’attendre un instant.
Je le prends dans mes mains et je fais semblant de lui faire un bisou mais il s’envole.
Je le regarde partir et ramasse encore quelques fleurs avant de rejoindre notre attelage. Taiga, qui semble reconnaître l’arrivée de l’étape, augmente tout à coup la cadence mais j’arrive à la rattraper.

Ça va vite, toute la maison bouge, Taiga accélère ! C’est rigolo, on va aller « à la
vitesse » !

Je m’approche de la plateforme et saute sur le marchepied…, mais quelque chose ne va pas…, je glisse…

Ça va trop vite…, tout va beaucoup trop vite…, je tombe du marchepied et plonge sous la roulotte…, je n’ai pas le temps de crier, je sens la roue me traverser de part en part…, la douleur est partout.

J’entends des cris, beaucoup de cris partout autour de moi, alors je pleure… qu’est-ce que j’ai fait comme bêtise encore ?…

Quelqu’un me porte, mais ça me fait mal partout, j’ai chaud, j’ai froid, quelque chose se passe…

Tout est rose autour de moi et j’entends mille et une cloche scintiller, suspendue à un gros chêne bleu… Je vois le papillon que je voulais embrasser qui me regarde, il est beau, il est grand, il me sourit et me fait un signe.

Quelqu’un m’appelle au loin, mais je ne peux pas répondre… la douleur….
Ça se passe dans mon dos, c’est là que toute la douleur se concentre.

Je n’entends plus personne, juste un mélange de voix, un bruit de fond que les cloches couvrent par leur musique de plus en plus belle.

Je vois mon ours, je vois des fleurs, de plus en plus de fleurs, que les minutes s’écoulent.

Ça y est, j’ai de moins en moins mal…. Je suis fatiguée, je crois que je vais m’endormir.
Tiens… ? Quelque chose d’étrange se passe dans mon dos….

Ça me soulage…
Ça se déploie…
Ça doit être mes ailes…
Enfin…, je m’envole….

Salut je m’appelle Nina et j’ai six ans,
Je ne soufflerai pas mes sept bougies avec vous…

JE M'APPELLE NINA LA LICORNE VOLANTE :
Je suis une association suisse créé le 3 juillet 2021, reconnu d'utilité publique et régie par les articles 60 à 79 du Code civil suisse.
Mon but est que mon histoire puisse faire le plus grand tour du monde possible et que les choses changent. Que mon histoire puisse servir d’exemple afin que cette tragédie ne se reproduise plus.

Cet accident est la somme de nombreuses erreurs matérielles et humaines qui se sont succédé et qu’il conviendra d’analyser une par une pour mieux sécuriser.
Sécuriser le matériel, car outre les erreurs humaines elles- mêmes, dans chaque erreur matérielle se cache une erreur humaine.
Légiférer enfin, car certaines pratiques semblent évoluer dans un vide juridique total.
Puisse cette association ne sauver même qu’une seule vie humaine innocente, nous serons alors en paix.
Merci à toi Nina pour tous les souvenirs magiques que tu nous laisses… c’est à nous
maintenant de faire ce qu’il y a à faire.

Que la vie de cette structure soit aussi naturelle que possible et qu’elle puisse grandir autant que cet enfant en a été interdite.

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